L'indivision
1/ L'indivision conventionnelle
Lorsque plus de 2 personnes sont propriétaires d'un bien, on parle d'indivision.
Lors de l'achat d'un bien immobilier en indivision, chaque propriétaire, selon son apport, recevra une quote-part.
Le fonctionnement est simple dans son principe, mais il peut s'avérer beaucoup plus conflictuel dans la pratique.
Chaque indivisaire est débiteur (obligation de payer) des dettes de l'indivision.
L'indivision ne peut être éternelle.
Selon l'article 815 du code civil, «Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision ».
Chaque indivisaire peut ainsi contraindre les autres à vendre le
bien (sous certaines conditions : procédure judiciaire ou partage
amiable).
Afin d'encadrer les obligations et droits des indivisaires, une
convention d'indivision peut être rédigée (acte notarié, durée de 5 ans
renouvelable tacitement).
2/ Gestion de l'indivision
Vous souhaitez réaliser des travaux sur le bien indivis,
conclure un bail d'habitation, désigner un indivisaire comme
mandataire... : il faut l'accord des 2/3 des indivisaires (ce sont des
actes d'administration).
Les actes d’administration sont « les actes de gestion normale
qui tendent à faire fructifier un bien ou à l’améliorer sans en
compromettre la valeur ».
En revanche, pour vendre le bien indivis (c'est un acte de disposition), il faut l'unanimité des indivisaires.
En votre qualité d'indivisaire, vous devez participer aux dépenses de conservation des biens indivis.
Chaque indivisaire peut notamment
* demander le partage, pour mettre fin à l'indivision,
* disposer de sa quote-part dans l'indivision (la céder avec priorité d'achat des autres indivisaires)
3/ Achat d'un bien indivis par des concubins
Les concubins sont des personnes n'étant ni mariés, ni pacsés mais ayant une communauté de vie.
Lors de l'achat d'un bien immobilier constituant le logement,
chaque concubin est alors indivisaire selon son apport respectif.
Une convention d'indivision peut être signée par les concubins
chez un notaire (pour déterminer les règles de l'indivision).
Les concubins peuvent se léguer, par testament, leur parts
respectives (ou seulement l'usufruit), en respectant les droits
successoraux des héritiers réservataires.
Au niveau fiscal, la transmission de biens entre concubins non pacsés est fortement taxée (60% sans aucun abattement...)
Séparation
Lorsque les concubins se séparent et qu'un accord existe sur le
principe de la vente, le prix sera partagé proportionnellement aux
quotes-parts.
En cas de désaccord, la saisine du tribunal de grande instance
permettra entre autre de mettre fin à l'indivision sauf si une
convention d'indivision fixe des modalités particulières.
Achat d'un bien par un couple pacsé
Rappel de la différence : concubins et pacsés
Le Pacs est un contrat (enregistré auprès du greffier du tribunal d'instance de votre domicile) qui ne peut se conclure qu'entre deux personnes majeures, de même sexe ou de sexe différent, vivant sous le même toit.
Le régime juridique du bien applicable au couple pacsé est l’indivision. Contrairement aux concubins, le couple pacsé bénéficie de dispositions particulières (notamment fiscales). Par exemple, les biens transmis par succession au concubin pacsé survivant est exonéré de droits.
4/ L'indivision successorale
Les biens du défunt appartiennent en commun aux héritiers : ils forment une masse de biens indivise.
Tant qu'aucun partage n'a été réalisé, les biens sont "indivis".
L'indivision correspond à la période entre la liquidation de la succession et le partage des parts entre chaque héritier.
L'indivision concerne des droits de même nature.
Par exemple :
Votre conjoint hérite de la totalité de la succession en usufruit.
Vos enfants héritent en nue-propriété : il n'y a pas d'indivision entre un nu propriétaire et un usufruitier.
L'indivision comprend notamment tous les biens existants au jour du décès, ainsi que leurs fruits et revenus...
Vente d'un bien indivis dans le cadre d'une succession
Cas pratique :
Votre mère décède et votre père souhaite vendre un bien
immobilier : en votre qualité d'enfant, vous vous demandez si votre père
peut vendre seul ce bien.
Il faut déterminer quelle est la nature du bien, son origine.
Si le bien a été acquis par votre père avant mariage ou que vos
parents étaient mariés sous le régime de la séparation de biens, ou
encore s’il l’a reçu par voie de donation ou de succession, votre père
peut vendre seul le bien lui appartenant.
En revanche, si vos parents étaient mariés sous un régime de
communauté et si le bien a été acquis durant le mariage, la maison
demeure un bien indivis au décès de votre mère.
La vente doit alors être autorisée par tous les propriétaires.
5/ Plus-values immobilières
Succession et divorce
Il n'y a pas de taxation au titre de la plus value immobilière lorsqu'il y a partage de biens indivis issus d'une succession.
En revanche, lorsque le bien reçu lors du partage est ensuite cédé, la plus-value s'applique.
De façon similaire, le partage issu d'une liquidation de communauté conjugale n'est pas soumis à taxation sur les plus-value.
A contrario, la vente du bien après partage y sera soumis.
Vente d'un bien indivis (achat en commun)
Vous n'êtes pas taxé si la vente de votre quote-part est inférieure à 15 000 euros.
Même si la cession de l'ensemble des quotes-parts est supérieure à ce seuil.
(Le seuil de 15 000 euros est calculé en fonction de chaque quote-part et non sur le prix global de la cession).









